« Retour sur le Coissard Balbutant »
Rencontre entre un quatuor de musique contemporaine et un musicien traditionnel improvisateur
Il a suffit (mais est ce l’expression juste ?) que chacun de nous en vienne, suite à son parcours, sa pratique, ses envies, à se poser au même moment la même question : Quelle musique suis-je capable d’inventer ?
Ensemble (peut être parce que nous nous sentions plus forts !) nous avons tenté d’y répondre, en cela finalement assez fidèles à nos traditions respectives qui toutes deux interrogent l’interprète sur ses propres capacités à fabriquer du discours musical.
Quelle est donc cette musique qui n’appartient qu’à nous, issue de notre rencontre, témoin fidèle de ce que vivons, ressentons, aimons ou critiquons du temps d’aujourd’hui ?
Après nous être accordés sur ce protocole de départ, nous avons pétri, échangé, improvisé…
« Machina Memorialis » Projections sonores et visuelles d'un souvenir
Anne Bitran, artiste visuelle, a imaginé un spectacle sur le souvenir. Par l'étrangeté quelle insuffle à de petits films familiaux d'apparence anodine, elle nous plonge à l'intérieur d'un cerveau qui se rappelle... A nouveau, elle donne à la musique une place privilégiée, en s'associant à nous pour tisser la trame de ce nouvel opus.
MACHINA MEMORIALIS est une nouvelle occasion pour le quatuor Béla, de donner à entendre les versants les plus inattendus de son répertoire. La plus grande partie de la musique du spectacle a été composée spécialement par Albert MARCOEUR, avec beaucoup de poésie, d'empathie avec les images d'Anne et un immense respect des quatre instruments. Mais les fans de MARCOEUR reconnaîtront également ses libres transcriptions de musiques plus anciennes: « Micheline », « Le Tourniquet », et « Cher Roger », la très belle transfiguration du mouvement lent du quintette à cordes de Schubert ...
Enfin, en manière de prologue, le quatuor Béla a choisi d'interpréter « Objets Perdus », du compositeur canadien John REA .
« Black Angels »
...de l'ombre à la lumière...
Black Angels est probablement le seul quatuor à avoir été inspiré par la guerre du Viêt-Nam. L’œuvre rassemble tout un arsenal de sons parmi lesquels on distingue des cris, des chants, des sifflements, des murmures, des gongs, et des verres de cristal.
La partition comporte deux inscriptions : « In tempore belli » et Terminée le vendredi 13 mars 1970. Black Angels a été conçu comme une sorte de parabole sur notre monde contemporain agité. L’œuvre dresse le portrait d’un voyage de l’âme : le Départ ( perte de la grâce), l’Absence (l’annihilation spirituelle) et le Retour (la Rédemption). L’œuvre regorge de symbolismes musicaux conventionnels tels que le Diabolus in Musica (l’intervalle de triton) et le Trillo di Diavolo ( le trille du diable, d’après Tartini.
Autour de cette pièce, nous avons voulu tisser un concert qui respecte ce parcours de l'âme, émergeant de l'infiniment petit, du cloisonnement, du fourmillement pour s'envoler vers l'espace, le vide... et la sérénité ? »Black Angels » restera le pivot, le passage dans ce concert en deux parties. La structure de la soirée est une amplification de l'oeuvre de CRUMB, et nous permet de confronter les tendances musicales les plus antagonistes.